Méthode de mesure des mouvements oculaires d'un utilisateur lorsqu'il interagit avec une interface. Un dispositif (lunettes, barre fixée sous l'écran ou caméra) enregistre la position du regard en temps réel. Les données produites incluent les fixations (zones regardées), les saccades (mouvements entre fixations) et les parcours visuels. L'eye tracking objectifise ce que l'utilisateur voit réellement versus ce que le designer pense qu'il regarde. Les résultats se visualisent sous forme de heatmaps, de gaze plots ou d'areas of interest (AOI).
Le matériel professionnel (Tobii, EyeLink) offre une précision de l'ordre du demi-degré d'angle visuel. La calibration individuelle en début de session est obligatoire pour des données fiables. On combine l'eye tracking avec le think-aloud ou le test utilisateur classique pour comprendre le pourquoi derrière les fixations. Le recrutement de 20 à 30 participants donne des heatmaps statistiquement robustes. Le coût et la complexité du dispositif limitent souvent l'usage à des questions de recherche très ciblées.
Le Nielsen Norman Group a identifié le pattern de lecture en F grâce à l'eye tracking : sur les pages de contenu, les utilisateurs lisent les deux premières lignes en entier puis scannent verticalement le côté gauche. Cette découverte a influencé la mise en page web dans toute l'industrie.