Interface volontairement conçue pour tromper ou manipuler l'utilisateur dans l'intérêt du service. Le terme a été créé par Harry Brignull en 2010. Les dark patterns exploitent les biais cognitifs pour forcer des actions non souhaitées : abonnements cachés, options pré-cochées, parcours de désabonnement labyrinthiques. La Commission européenne et la FTC les considèrent désormais comme des pratiques commerciales trompeuses. Certaines sont illégales sous le RGPD et le Digital Services Act.
Auditer les parcours critiques (inscription, paiement, désabonnement) en se demandant si l'utilisateur pourrait se sentir piégé. Rendre la désinscription aussi simple que l'inscription. Ne jamais pré-cocher des options qui engagent l'utilisateur financièrement. Tester avec des utilisateurs novices : les experts contournent les dark patterns, les autres non. Documenter les décisions business qui poussent vers des dark patterns pour les discuter avec le product owner.
Amazon a été poursuivi par la FTC en 2023 pour le parcours de désabonnement de Prime, surnommé "Iliad" en interne. Le processus comportait six écrans et des formulations conçues pour décourager l'annulation.
Ryanair reste l'étude de cas ultime des limites éthiques. Une analyse actualisée qui montre comment les patterns contraires à l'intérêt de l'utilisateur évoluent et se raffinent. Cas concret pour les débats internes sur ce qu'on choisit de faire ou ne pas faire.
Un article qui refuse l'excuse commode du « c'est juste un design pattern ». Au-delà du catalogue des dark patterns connus, la question : quand commence la responsabilité du designer ? Et comment on la mesure sans tomber dans le moralisme.